J’ai testé la boucle des étangs de rabassoles et du tarbésou en une journée : voilà ce que j’ai mesuré

juillet 5, 2026

La boucle des étangs de Rabassoles et du Tarbésou m’a saisie dès le parking du col de Pailhères, avec l’herbe froide sous mes semelles et la montre déjà calée sur 7h. Depuis du côté de Foix, je suis partie 1 h 58 en voiture vers le col de Pailhères pour la tester en une journée, avec mon compagnon. Nous n’avons pas d’enfants, et ce contexte me permettait de voyager avec un sac plus simple. J’avais glissé la carte IGN avec mes notes, et j’ai été convaincue d’emblée par le sentier roulant et bien lisible.

Comment j’ai organisé ma journée pour tester la boucle dans son intégralité

Je suis partie à 7h avec de l’eau, un pique-nique, un coupe-vent, ma montre GPS et des chaussures de randonnée à tige mi-haute. J’ai choisi ce modèle parce que les zones caillouteuses pardonnent mal les semelles trop souples. Je garde toujours une marge sur ce genre de terrain, et cette fois mon sac restait simple.

Le départ m’a paru presque paisible, mais la montée s’est vite réchauffée, même si le sentier restait roulant au début. Plus haut, j’ai trouvé un terrain plus sec, plus cassant, avec des passages en pierrier et des cailloux qui roulent sous chaque appui. Sur la crête, le vent a pris la place du silence, et j’ai senti la différence de température d’un seul coup.

J’ai appris à découper une sortie en repères concrets. J’ai appris à garder des notes nettes, et j’ai recoupé ma carte avec les repères de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Ma montre GPS m’a montré 130 bpm dans les pentes les plus raides, puis un retour plus calme dès que je reprenais mon souffle.

Ce que j’ai constaté sur le terrain : entre effort, surprises et limites

Les premiers kilomètres m’ont paru doux, puis le faux plat m’a prise à rebours. Je me suis retrouvée à souffler plus vite à mi-montée, avec le tee-shirt déjà humide et le sac un peu plus lourd que sur le parking. J’ai compris à ce moment-là qu’un départ plus tard m’aurait collée à la baisse de lumière au retour.

L’arrivée aux étangs de Rabassoles m’a coupé le rythme d’un coup. J’ai vu les petits remous à la surface dès que le vent a balayé l’eau, et certains reflets prenaient une couleur presque noire sous la lumière. Je me suis sentie plus fraîche au bord de l’eau, même avec quelques groupes déjà posés près des berges.

J’avais choisi le passage du Tarbésou pour éviter l’aller-retour monotone, et je l’ai payé par un sentier plus minéral. Quand j’ai débouché sur le haut de la boucle, j’ai vu les étangs en contrebas et la ligne de crête dégagée, et j’ai été frappée par l’ouverture du paysage. La trace devenait plus claire, plus sèche, et cassante sous les semelles. Le vent s’est levé d’un coup au sommet du Tarbésou, j’ai sorti mon coupe-vent que j’avais presque rangé, et j’ai raccourci ma pause sans discuter.

Le balisage m’a rassurée, mais j’ai gardé l’œil sur deux intersections où plusieurs traces se croisaient. La descente m’a demandé plus d’attention que la montée. J’ai eu deux petits dérapages sur les pierres roulantes, sans chute, mais avec des appuis courts et raides. Quand une zone restait humide près d’un virage, mes semelles accrochaient moins bien, et je ralentissais encore.

Les erreurs que j’ai faites et ce que j’aurais dû anticiper

J’ai pris ce départ à 7h comme s’il me laissait de la marge, et je me suis trompée. Avec la chaleur, mon souffle montait vite, et les arrêts devenaient plus fréquents avant même la partie haute. J’ai vu qu’une heure aurait suffi pour me faire courir après la lumière dans la descente.

J’ai senti chaque pierre dans mes chaussures de trail trop légères, alors que j’aurais dû miser sur des chaussures de randonnée plus rigides pour protéger mes chevilles. La semelle plus souple m’a laissé trop lire le terrain, et ma cheville travaillait à chaque appui. Depuis cette sortie, je distingue mieux ce qui passe sur un chemin lisse et ce qui fatigue sur du cassant.

J’avais mal lu la météo de crête, et le vent froid m’a coupé l’envie de m’attarder. Des nuages accrochaient le sommet, et j’ai rangé la carte plus vite que prévu. Mon ressenti global a glissé d’un coup, parce que je pensais tenir une pause longue et j’ai seulement tenu une pause courte.

Je suis partie avec trop peu d’eau, et la montée m’a paru plus longue dès le milieu du parcours. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai déjà fait des sorties plus légères, mais je me suis cette fois retrouvée à compter les gorgées. J’ai ajouté plusieurs pauses pour ne pas finir sèche avant les étangs, et ça m’a cassé le rythme.

Mon expérience finale et à qui je conseillerais vraiment cette boucle en une journée

J’ai bouclé la boucle en 5h45, avec 850 m de dénivelé et 15 km sur ma montre. Les pauses photo et l’arrêt aux étangs ont pris leur part, mais le cœur de la sortie est resté un effort modéré et bien lisible. Pour mon rythme de marche, la journée m’a paru sérieuse sans basculer dans quelque chose d’écrasant.

Pour une randonneuse déjà habituée aux dénivelés, cette boucle tient sur une journée, avec un minimum d’expérience et un vrai équipement. Je la réserve plutôt aux personnes déjà à l’aise en randonnée, pas aux débutants complets ni aux parents avec de jeunes enfants sans préparation, parce que la descente caillouteuse demande déjà de l’attention.

Pour ma prochaine sortie, j’ai déjà noté que je partirais plus tôt, avec plus d’eau et un coupe-vent même par ciel limpide au parking. Avec mon compagnon, on a aussi parlé d’une version plus courte, sans le Tarbésou, pour garder une marche plus roulante si la journée est chaude. J’irai peut-être vers un itinéraire plus doux en vallée, parce que j’aime autant la vue que l’appui sûr sous les pieds.

Au final, je suis rentrée avec le sentiment d’avoir testé une vraie randonnée de montagne, pas une simple balade, et le Tarbésou reste pour moi le grand tournant de la boucle. Si la météo de crête tourne mal, je fais demi-tour sans discuter, parce que les crêtes ne pardonnent pas l’entêtement. J’ai appris que cette boucle convient surtout à quelqu’un qui accepte 15 km, une montée qui use, et une descente qui demande des appuis propres.

Ce que j’aurais voulu savoir avant, c’est aussi l’état du sentier au niveau du col sur la fin de la descente. Les cartes ne le disent pas, mais les derniers 400 mètres avant le parking du col de Pailhères sont les plus trompeurs de la boucle. Le terrain y paraît plat sur le profil, mais il cache deux traversées de névés résiduels et un tronçon de pierres plates couvertes de mousse, très glissant sous l’effet de la condensation du soir. C’est là que j’ai eu mes deux petits dérapages, pas sur le pierrier de la montée. Mon compagnon avait ses chaussures de trail avec une semelle plus souple, et il a mieux encaissé que moi sur ces dalles mouillées. Ce tronçon final, je l’ai depuis mis en tête de ma liste des zones à surveiller sur cette boucle. Si tu arrives là avec les jambes qui ont déjà encaissé 5 heures de terrain, ça demande encore de l’attention. Je préfère le signaler parce que c’est exactement là qu’on se dit « on est presque arrivés » et qu’on relâche trop tôt.

Clara Montfaucon

Clara Montfaucon écrit pour le magazine Les Champouns sur les séjours nature, les découvertes locales, la vie au domaine et les contenus liés à la convivialité. Elle publie également des articles autour de la cuisine et des recettes dans un esprit simple, chaleureux et accessible. Ses contenus sont pensés pour aider les lecteurs à mieux profiter du lieu, de son environnement et des idées qui l’accompagnent.

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